Deux modèles de pointe sont sortis en quatre jours. Pour la plupart des entreprises, ça ne changera rien, parce que le problème n'a jamais été la puissance du modèle, mais ce qu'il sait de toi. Voici le setup que j'ai mis à plat en formation : le cerveau, puis les 5 briques dans l'ordre, avec le modèle de Skill à remplir, les connecteurs à brancher selon ton métier et les 3 tâches à programmer dès la première semaine.
Le cerveau : ce que Claude relit à chaque session
C'est la couche qui se met au-dessus des 5 briques, et c'est par elle qu'il faut commencer. Tant que Claude repart de zéro à chaque conversation, tu paies le même impôt tous les jours : réexpliquer qui tu es, ce que tu vends, à qui, et comment tu parles.
Deux réservoirs, pas un. Tout ce que tu configures alimente l'un des deux. Le premier, c'est la mémoire : ce que Claude retient tout seul, conversation après conversation. Le second, c'est le contexte : ce que tu lui apportes volontairement, tes instructions, tes connecteurs, tes dossiers. La mémoire se construit sans toi. Le contexte, c'est ton travail.
La mémoire a deux étages. La mémoire globale, toutes conversations confondues : ton entreprise, tes habitudes, tes clients, tes projets en cours. Et la mémoire de projet, propre à chaque Project : l'historique et le contexte du sujet, sans mélange avec le reste. Un Project par client ou par sujet, et le contexte ne se croise jamais.
Le fichier cerveau : un seul document pour tout ton business. La mémoire automatique retient beaucoup de choses, mais elle ne remplace pas un document de référence que tu contrôles. C'est le fichier que je conseille d'écrire en premier, avant toute autre configuration. Un simple fichier texte, une page, que Claude relit avant chaque tâche.
Identité : activité, taille, zone, positionnement.
Offres et services : chaque offre, ce qu'elle inclut, sa gamme de prix.
Clients types : qui achète, leurs problèmes, leur vocabulaire.
Ton et style : comment tu parles, ce que tu ne dis jamais.
Interdits : chiffres non validés, promesses, engagements.
Comment le rendre automatique. Une seule ligne à ajouter dans tes instructions Cowork, celles qui valent pour toutes tes sessions de travail :
Résultat : un seul endroit à tenir à jour, vrai pour toutes tes sessions et tous tes projets. Le fichier de règles d'un projet donné ne porte plus que ce qui est spécifique à ce client.
Ce que Claude lit au démarrage, du plus général au plus précis. Il ne s'agit pas d'empiler des consignes partout, mais de savoir où mettre quoi. Cinq niveaux, et en cas de conflit, le plus spécifique l'emporte.
| Le niveau | Ce qu'on y met | Portée |
|---|---|---|
| Instructions globales | Ton, format, ton rôle, tes règles | Toutes les sessions |
| ★ Instructions Cowork | Tes conventions + la ligne qui charge le fichier cerveau | Tout ton travail |
| Instructions de projet | Les règles propres à CE client | Ce projet |
| Fichier de règles du dossier | Le contexte du dossier, que Claude lit et met à jour | Ce dossier |
| Mémoire du projet | Ce que Claude retient seul, au fil des tâches | Cloisonnée |
1Les Skills : ta méthode figée une fois
Le problème. Sans Skill, tu réexpliques à chaque fois la structure attendue, ta charte, tes mentions, ton ton. Et le résultat varie d'une fois sur l'autre.
Ce que c'est. Un simple fichier texte que l'IA relit avant de produire. Tu l'écris une fois, elle l'applique à l'identique à chaque demande. Pas besoin de savoir coder : si tu sais écrire une consigne, tu sais écrire une Skill.
# Quand l'utiliser
Dès que je demande un devis client.
# La structure
En-tête logo, prestations, tarifs, CGV, mentions légales.
# Les règles
Couleurs de la charte. Jamais de prix inventé : demander.
À côté du fichier, tu joins tes modèles : logo, gabarit Word, un exemple de document réussi.
Trois façons d'en créer une. La plus simple : tu la demandes à Claude, il te pose les bonnes questions et la rédige. La plus précise : tu écris le fichier toi-même. La plus bluffante : tu enregistres ton écran pendant que tu fais la tâche, il en déduit la procédure. Commence par la première.
Par quoi commencer. Un seul métier par Skill. Les six qui rentabilisent le plus vite : le devis brandé, la proposition commerciale, le compte-rendu de réunion, la réponse client type, le post à ta voix, le rapport mensuel.
2Les connecteurs : il arrête de deviner, il lit
Ce que ça change. Claude va chercher l'information à la source : tes vrais emails, tes vrais fichiers, ton agenda, ton CRM. Fini le copier-coller. Il croise les sources, et « prépare mon RDV de 14h » devient agenda + emails + dossier client. Il prépare aussi des actions, brouillons et événements, que tu valides avant tout envoi.
Comment ça marche. Le standard s'appelle MCP. Pense à une prise USB-C : une prise standard, n'importe quel appareil. Créé par Anthropic fin 2024, il a depuis été adopté par OpenAI, Google et Microsoft. Ce que tu branches aujourd'hui n'est donc pas prisonnier d'un seul outil.
Trois niveaux de branchement : les connecteurs officiels en un clic (messagerie, fichiers, agenda, Slack, Notion), les hubs d'applications qui ouvrent des centaines d'apps métier d'un coup, et le sur-mesure pour un ERP ou un logiciel interne. Dans tous les cas : connexion explicite, limitée, révocable.
Lesquels brancher en premier selon ton métier. Tu n'as pas besoin de tout connecter le premier jour. Voici l'ordre que je conseille, la première colonne suffit pour la première semaine.
| Ton métier | À brancher d'abord | Puis | Le gain immédiat |
|---|---|---|---|
| Dirigeant / DG | ★ Messagerie + agenda | Fichiers | Le brief du matin et la préparation de tes RDV |
| Commercial | ★ CRM + messagerie | Agenda | Relances qualifiées, comptes-rendus de RDV |
| Conseil / service pro | ★ Fichiers (Drive) | Messagerie | Livrables produits depuis tes vrais dossiers |
| Marketing / com | ★ Fichiers + recherche web | Notion | Contenus à ta voix, nourris par ta veille |
| Admin / finance | ★ Messagerie + fichiers | Outils métier | Tri des demandes entrantes, zéro ressaisie |
3Cowork : sortir du chat
La différence. Le chat répond, Cowork travaille. Tu ne poses plus des questions, tu confies des missions, et il produit les livrables directement dans tes fichiers.
Comment ça se passe, en 4 temps. Tu pointes un dossier avec ses sources, ses documents et tes consignes. Tu confies la mission en décrivant le résultat attendu, pas les étapes. Il raisonne, planifie, délègue à des sous-agents et te montre son plan. Il produit les livrables, et tu valides les étapes clés.
L'étape que tout le monde saute. Avant la première vraie tâche, amorce la mémoire du projet : « Lis tout, résume, et dis-moi les règles que tu vas suivre. » C'est cette étape qui décide si un projet démarre bon ou bancal.
4Les tâches programmées : écrite une fois, exécutée toute seule
C'est ici que les trois briques précédentes se rejoignent. Une tâche programmée mobilise tes connecteurs, ton fichier cerveau et tes Skills, à la cadence que tu fixes : horaire, quotidienne, hebdomadaire ou jours ouvrés. Chaque exécution est une session neuve, qui relit tes fichiers et tes instructions depuis zéro.
Les 3 tâches à programmer dès la première semaine. Le bon candidat est toujours le même : répétitif, à cadence fixe, sans décision engageante à prendre.
| La tâche | Cadence | Ce qu'elle fait |
|---|---|---|
| ★ Le brief du matin | Chaque jour, 7h30 | Agenda, emails de la nuit, priorités, prêt avant ton café |
| Le tri des demandes | Jours ouvrés | Formulaires et emails entrants qualifiés et classés |
| Le point hebdo | Chaque vendredi | Synthèse de la semaine, relances en attente, préparation de la suivante |
Concrètement, le brief du matin s'écrit en une phrase : « Chaque matin à 7h30 : lis mon agenda et mes emails non lus, croise avec entreprise.md, applique ma Skill brief-matin, et dépose le résultat dans mon dossier Livrables. » Écrite une fois, elle tournera encore dans six mois.
5Dans Word, Excel et Outlook, parce que le travail se fait déjà là
Jusqu'ici tu allais vers l'IA. Là, elle vient dans tes outils : un volet latéral qui voit le fichier ouvert, lit son contenu et sa mise en forme, et modifie directement dans le fichier. Elle travaille dedans, elle n'en parle pas.
Dans Excel : expliquer un calcul en citant la cellule concernée, changer une hypothèse sans casser les formules qui en dépendent, trouver la source d'une erreur. L'argument qui parle à un dirigeant : chaque réponse cite la cellule, donc c'est vérifiable. (Pas de macros ni de VBA.)
Les deux démos, dans l'ordre. La première montre le panneau Claude ouvert à côté du classeur : ce qu'il lit, ce qu'il écrit. La seconde enchaîne sur le passage d'une app à l'autre. Elles se suivent, regarde-les dans cet ordre.
Dans Word : la revue de documents. Réécrire une sélection en gardant styles et numérotation, travailler en suivi de modifications pour accepter ou rejeter, traiter tes commentaires un par un, résumer ce que l'autre partie a modifié dans un contrat. Rien n'entre dans ton document sans ton accord.
Dans PowerPoint : il lit ton masque de slides, polices, couleurs et mises en page, et s'y conforme. Ouvre d'abord ton modèle, puis demande. Dans Outlook : résumer un long fil, en extraire les décisions et les points en attente, préparer les réponses.
La vraie nouveauté : une seule conversation, quatre applications. Il lit le fil client dans Outlook, reprend les chiffres du classeur Excel, construit le deck à ta charte et rédige la note qui l'accompagne, sans un seul copier-coller. Seule condition : les fichiers concernés doivent être ouverts.
Par quoi commencer lundi ?
Tu ne peux pas tout attaquer en même temps, et tu n'as pas à le faire. Voici le cerveau et les 5 briques classés par effort et par effet.
| La brique | Effort | Effet | Lundi ? |
|---|---|---|---|
| Le fichier cerveau | 30 min, une fois | Sur tout le reste | ★ Oui, en premier |
| 1. Une Skill | Faible | Immédiat, visible | ★ Oui |
| 2. Deux connecteurs | Faible | Immédiat | ★ Oui |
| 3. Cowork | Moyen | Fort | Semaine 2 |
| 4. Tâches programmées | Moyen | Composé dans le temps | Après avoir testé à la main |
| 5. Word / Excel / Outlook | Faible, mais prérequis | Fort si tu vis dans Office | Quand les prérequis sont vérifiés |
Ce n'est pas le modèle que tu choisis qui fait la différence. C'est ce qu'il sait de ton métier le jour où tu lui poses la question.