Le 21 juillet 2026, une mise à jour a été fusionnée dans Hermes Agent. Elle n'a l'air de rien : quatre « compétences » bureautiques ajoutées. En pratique, elle déplace la frontière entre ce que ton agent te raconte et ce qu'il te livre. Avant, il te donnait du texte à recopier dans Word. Maintenant, il te rend le fichier — et il le relit avant de te le donner.
Le fait. Le pull request #68595 du dépôt NousResearch/hermes-agent, ouvert et fusionné le 21 juillet 2026, ajoute trois compétences (Word, Excel, PDF) et remet à niveau celle de PowerPoint. 118 fichiers touchés, environ 31 700 lignes ajoutées, 23 tests au vert. Les quatre compétences sont adaptées de celles publiées par Anthropic et embarquent leur licence.
Pourquoi ça compte pour toi. Un agent qui produit un livrable au bon format, c'est la différence entre « j'ai gagné 20 minutes de réflexion » et « la tâche est finie ». La plupart des gains de temps promis par l'IA meurent exactement là : dans le copier-coller, la mise en forme, la vérification finale. C'est ce trou-là que cette mise à jour bouche.
1Tu découvres Hermes Agent ? Le tuto express
Si le nom ne te dit rien, ne saute pas cette partie : le reste de la ressource n'a de sens qu'une fois ce cadre posé. Voici l'essentiel, sans vocabulaire d'ingénieur.
Ce que c'est. Hermes Agent est un assistant IA développé par Nous Research, que tu installes chez toi — sur ton ordinateur ou sur un petit serveur — au lieu de l'utiliser sur le site de quelqu'un d'autre. Il est gratuit et ouvert (licence MIT) : personne ne te facture le logiciel. Tu paies uniquement le « cerveau » que tu lui branches derrière, c'est-à-dire le modèle d'IA que tu choisis.
Ce qui le rend différent d'un chatbot. Trois choses, et ce sont exactement les trois qui manquent à un assistant classique :
| Ce qu'il fait | Ce que ça change pour toi |
|---|---|
| Il vit ailleurs que dans un onglet. Tu lui parles depuis Telegram, Discord, Slack, WhatsApp, Signal — ou depuis ton ordinateur | Tu lui donnes une consigne depuis ton téléphone dans le train, il travaille pendant ce temps-là ★ |
| Il apprend de ses propres missions. Après une tâche complexe, il en fabrique une fiche de procédure qu'il réutilise ensuite | Une tâche expliquée une fois n'est plus jamais à ré-expliquer |
| Il travaille à heure fixe, sans toi. Tu lui dis en français « chaque lundi à 8 h, fais ceci » et il le fait | Le rapport du lundi matin est déjà là quand tu ouvres ton téléphone |
Le démarrage, en 4 étapes. Compte une petite heure la première fois, pas plus.
Étape 1 — Installer. Le site officiel donne une ligne unique à copier-coller, différente selon que tu es sur Mac, Windows ou Linux. Tu la colles dans le Terminal, et l'installateur s'occupe de tout le reste tout seul. C'est le seul moment un peu austère : si le Terminal te crispe, c'est typiquement les 20 minutes à faire faire par quelqu'un de technique — une fois, définitivement.
Étape 2 — Choisir le cerveau. Un assistant de configuration te guide au démarrage et te fait choisir ton fournisseur d'IA. Deux voies : soit tu branches un compte que tu as déjà, soit tu prends l'abonnement maison de l'éditeur (Nous Portal), qui regroupe le modèle, la recherche web, la génération d'images et la voix sous un seul compte — c'est la voie courte si tu ne veux pas collectionner cinq abonnements.
Étape 3 — Le faire venir sur ta messagerie. Une commande de configuration relie l'agent à Telegram, WhatsApp, Slack ou Discord. À partir de là, tu ne « lances » plus rien : tu lui écris comme à un collaborateur, y compris en note vocale, qu'il transcrit.
Étape 4 — Lui donner ses compétences. Les compétences sont ses fiches de poste. Certaines sont livrées d'office (dont les quatre formats bureautiques dont parle cette ressource), d'autres s'ajoutent depuis un catalogue public, d'autres il les écrit lui-même. Tu les listes et tu les déclenches par leur nom, directement dans la conversation.
2Les 4 formats, et ce que chacun débloque
Regarde cette liste non pas comme une liste de formats, mais comme une liste de tâches que tu fais encore à la main.
| Format | Ce que l'agent sait faire | Le cas d'usage qui te concerne |
|---|---|---|
| Word | Créer un document, modifier un document existant, poser des commentaires, et travailler en suivi de modifications | Faire relire un contrat ou une proposition avec les corrections apparentes, comme le ferait un juriste ★ |
| Excel | Créer et modifier des classeurs avec de vraies formules, nettoyer un export bancal, convertir du CSV | Budget, tableau de suivi, reprise d'un export comptable illisible |
| Fusionner, découper, faire pivoter, filigraner, protéger par mot de passe, extraire le texte et les tableaux, remplir des formulaires | Assembler un dossier client en un seul PDF, remplir des formulaires administratifs à la chaîne ★ | |
| PowerPoint | Générer un deck à partir de ton modèle, avec détection des fichiers cassés avant livraison | Le support de présentation que tu refais chaque mois avec les mêmes 12 slides |
3La vraie nouveauté n'est pas le format : c'est le contrôle qualité
Le détail que 99 % des annonces vont rater. Ce qui a été ajouté, ce n'est pas seulement « savoir écrire un fichier Excel ». C'est l'obligation de le vérifier avant de te le rendre.
Sur Excel. Quand un programme écrit des formules dans un classeur, les cases restent vides tant qu'un tableur ne les a pas réellement calculées. La règle posée ici : le fichier doit être ouvert par un vrai tableur, recalculé de bout en bout, et ne rendre aucune erreur. Tant qu'une seule case affiche une erreur, le fichier n'est pas livrable. Autre règle, plus importante encore : l'agent doit écrire des formules, jamais des résultats en dur. Un classeur dont les totaux ne bougent plus quand tu changes une valeur, c'est une capture d'écran déguisée.
Sur Word. Quand l'agent travaille en suivi de modifications, un contrôle vérifie que chaque texte modifié porte bien sa marque de révision. C'est exactement l'erreur invisible qui te fait honte : une phrase changée en douce, que ton client ne voit pas dans les corrections apparentes.
4Ce qui se délègue, ce que tu gardes
La séparation est plus nette qu'on ne le croit — et elle ne bouge pas avec la version du modèle.
| Ça se délègue | Ça reste ton job |
|---|---|
| La mise en forme, la structure du document, la fusion de fichiers, le remplissage de formulaires répétitifs | Décider ce que le document doit dire — l'angle, l'argument, la position que tu défends |
| Le calcul, la mise en formules, le nettoyage d'un export sale | Vérifier que les chiffres veulent dire quelque chose — les hypothèses, les sources, l'ordre de grandeur |
| La production de la version 1, en volume, à toute heure | Le brief. C'est là que se joue 90 % de la qualité du résultat ★ |
5Les 3 limites honnêtes, avant de t'emballer
6Où ça se branche sur les 17 prompts
Si tu as lu la ressource précédente, tu as déjà la moitié du travail. On y posait une règle simple : un prompt = une fiche de poste. Tu ne parles pas à un assistant, tu recrutes des rôles — un veilleur, un rédacteur, un préparateur de réunion — et chacun a son périmètre.
Cette mise à jour donne un bureau à ces employés. Le veilleur ne te rend plus un résumé dans une fenêtre de chat : il te rend le PDF de synthèse. Le rédacteur ne te propose plus un texte : il te rend le Word en suivi de modifications. Le préparateur de réunion ne te liste plus des points : il te rend le deck. Les 17 prompts définissent qui fait quoi. Cette mise à jour définit ce qui sort à la fin.
Par quoi commencer cette semaine
Une seule tâche. Prends la tâche récurrente la plus bête de ton mois — celle qui se termine par un fichier que tu produis toujours pareil. Écris son brief comme une consigne à un nouvel arrivant : le format exact, les intitulés exacts, les sources des chiffres. Fais-la produire. Puis relis-la comme tu relirais le travail d'un junior : pas la mise en forme, les chiffres et le fond.
Si le résultat te fait gagner une heure, tu tiens ton premier poste automatisé. Si tu as passé une heure à corriger, c'est le brief qu'il faut reprendre, pas l'outil.
La source, si tu veux vérifier
Tout ce qui est écrit ici vient de deux pages publiques : le pull request lui-même, et la page d'accueil du projet. Le détail des quatre compétences, les règles de vérification et la liste des fichiers modifiés y sont lisibles, sans compte ni inscription. La ligne d'installation et la documentation complète sont sur le site officiel d'Hermes Agent.
Voir le pull request sur GitHub →