Un plan PDF, une heure devant toi, et un métré complet sur Excel avec les formules qui se recalculent quand tu changes une cote. Puis le devis, le dépouillement du DCE, le mémoire technique, le CCTP, le compte rendu de chantier. Voici les prompts exacts, la façon de relire ce qui sort, et la skill à copier pour que ton équipe produise toujours le même dossier.
Les trois conditions avant de commencer
La plupart des gens qui trouvent le résultat décevant ont sauté une de ces trois étapes. Elles prennent dix minutes et elles changent tout.
1. Un PDF, pas une photo de plan
Un PDF exporté par l'architecte depuis son logiciel contient du texte lisible : les cotes, les noms de pièces, le cartouche. L'IA les lit comme tu lis un livre. Une photo du plan prise sur la table du chantier, ou un scan de travers, oblige à deviner des caractères, et c'est exactement là que les erreurs se glissent. Demande toujours le PDF d'origine. Si tu n'as qu'un scan, scanne-le à plat, bien droit, en 300 dpi minimum, et attends-toi à devoir corriger plus de cotes.
2. Les cotes écrites, jamais la mesure à l'écran
C'est la règle qui sépare un métré utilisable d'un métré dangereux. Une IA peut estimer une distance en regardant l'image, et elle le fera avec beaucoup d'assurance. Le résultat sera faux, parce qu'une image n'a pas d'échelle fiable : le PDF a pu être réduit à l'impression, le cadrage change, le trait fait deux centimètres à lui tout seul. Tous les prompts de cette page contiennent la même interdiction, formulée de la même façon : on ne lit que les cotes portées sur le plan, et une cote absente est signalée, pas inventée.
3. Un espace de travail par affaire
Crée un projet dans Claude pour chaque consultation, et dépose dedans tout ce qui la concerne : les plans, le DCE, ta bibliothèque de prix, tes trames. Toutes les conversations que tu ouvres dans ce projet voient ces fichiers sans que tu aies à les redéposer. C'est aussi là que tu écriras tes consignes permanentes, avant de les figer dans une skill plus bas. Sans ça, tu repars de zéro à chaque conversation, et c'est la raison numéro un de l'abandon au bout de trois jours.
1Le métré, en deux temps
Le problème. Le métré, ce n'est pas du calcul, c'est de la lecture. Le calcul prend dix minutes, la lecture prend la soirée : retrouver chaque cote, ne pas oublier la trémie, déduire les portes une seule fois, recommencer quand l'architecte renvoie l'indice B.
La bonne méthode tient en une idée : on sépare la lecture du calcul. D'abord l'IA te montre ce qu'elle a lu, tu corriges. Ensuite seulement elle calcule. Si tu lances tout d'un coup, tu obtiens un beau classeur bâti sur trois cotes mal lues, et tu ne le verras pas.
Étape 1 : le relevé
Tu es métreur. Je te donne les plans de ce projet en PDF. Première étape : le relevé, rien d'autre. Tu ne calcules aucune surface pour l'instant. Ce que tu fais : 1. Tu listes chaque pièce : numéro ou nom porté sur le plan, niveau, destination. 2. Pour chaque pièce, tu relèves uniquement les cotes ÉCRITES sur le plan : longueur, largeur, et hauteur sous plafond si elle est indiquée quelque part. 3. Tu relèves les ouvertures pièce par pièce : portes, fenêtres, baies, placards, avec les dimensions portées au plan et le sens d'ouverture si tu le vois. 4. Tu notes les particularités qui changent un métré : retombées, poteaux, gaines techniques, trémies, allèges, cloisons courbes, plafonds rampants, ressauts de sol. Règle non négociable : tu ne mesures jamais à l'écran, tu ne déduis rien de l'échelle graphique, tu n'estimes aucune dimension. Une cote absente est une cote manquante. Tu la mets dans une rubrique "À COTER" en indiquant la pièce et ce qui manque. Rends-moi un tableau, une ligne par pièce, avec une colonne "cote lue" où tu recopies la cote exacte telle qu'elle est écrite sur le plan (par exemple 4,25 x 3,10). Ajoute en fin de tableau : le total des surfaces au sol que tu as relevées, et la surface annoncée dans le cartouche ou la notice si elle y figure. Puis tu t'arrêtes. Je relis, je corrige, et je te dis quand passer au calcul.
Ce que tu regardes en premier. La dernière ligne du tableau. Si la somme des surfaces relevées s'écarte de plus de quelques pour cent de la surface annoncée au cartouche, il y a une pièce oubliée ou une cote mal lue, et tu le sais avant d'avoir calculé quoi que ce soit. Un petit écart est normal : les épaisseurs de cloisons et les embrasures ne se comptent pas partout pareil.
Étape 2 : le classeur
Relevé validé, tu peux calculer. Tu produis un fichier Excel construit comme ceci. ONGLET "PARAMÈTRES", en premier. Il contient toutes les variables du chantier : hauteur sous plafond par défaut, hauteur de plinthe, largeur de passage de porte déduite du linéaire de plinthes, coefficient de chute par nature d'ouvrage, nombre de couches de peinture. Tous les autres onglets pointent vers cet onglet. Je dois pouvoir changer une valeur ici et voir tout le classeur se recalculer. UN ONGLET PAR PIÈCE, construit à l'identique à chaque fois : - les cotes du relevé en haut, dans des cellules nommées et identifiables ; - surface au sol = longueur x largeur, en formule ; - périmètre = 2 x (longueur + largeur) ; - linéaire de plinthes = périmètre, moins la largeur de chaque passage de porte, moins le linéaire des placards toute hauteur ; - surface de murs bruts = périmètre x hauteur sous plafond ; - surface de murs à traiter = murs bruts moins la surface de chaque ouverture, détaillée ligne par ligne ; - surface de plafond = surface au sol, sauf rampant ou faux plafond décaissé, et dans ce cas tu détailles le calcul ; - un bloc "ouvertures" qui liste chaque menuiserie, ses dimensions et sa surface. ONGLET "RÉCAPITULATIF" : Il additionne les onglets pièces par nature d'ouvrage : total sol, total plinthes, total murs, total plafond, total menuiseries, total par niveau. Ces totaux sont des formules de somme qui pointent vers les onglets pièces. Aucun chiffre recopié à la main. ONGLET "À COTER" : Il reprend tout ce qui manquait au relevé, avec la pièce concernée et l'information attendue. Contraintes de forme : - Toutes les cellules de résultat sont des formules vivantes. Si je change une cote dans un onglet pièce, le récapitulatif bouge. - Unités en en-tête de colonne : m2, m, ou u. Deux décimales partout. - Une couleur de fond différente pour les cellules de saisie et pour les cellules calculées, pour que mon équipe ne tape pas par-dessus une formule. Pour finir, tu m'écris en clair, hors du fichier : les hypothèses que tu as prises, et la liste de ce que je dois vérifier avant d'utiliser ce métré.
Pourquoi l'onglet paramètres change tout. C'est lui qui transforme un tableau mort en outil. La hauteur sous plafond passe de 2,50 à 2,70, tu changes une case, les surfaces de murs de tout le projet suivent. L'architecte renvoie un indice avec une cloison déplacée, tu corriges la cote dans l'onglet de la pièce, le récapitulatif se met à jour et ton devis avec. Sans ça, tu refais tout.
2Le devis, à ton format
Le problème. Le métré est prêt et il faut le retranscrire ligne par ligne dans le devis, retrouver les prix, appliquer les coefficients, et recommencer la mise en page parce que le client veut un détail par lot. C'est le dimanche soir type.
Pour que ça marche, il manque une pièce que personne n'a sous une forme exploitable : ta bibliothèque de prix. Pas besoin d'un logiciel, un simple tableau suffit, avec une ligne par ouvrage et ces colonnes : code, désignation, unité, déboursé fourniture, déboursé main d'œuvre, temps unitaire. Exporte-la depuis ton logiciel de chiffrage si tu en as un, sinon reprends tes trois derniers devis et fabrique-la en une heure. C'est le seul vrai travail préalable de cette page, et il sert ensuite à chaque affaire.
Tu es chargé d'affaires. Tu transformes ce métré en devis. Tu as deux fichiers : - le métré Excel que je viens de valider ; - ma bibliothèque de prix (colonnes : code, désignation, unité, déboursé fourniture, déboursé main d'œuvre, temps unitaire). Règles de chiffrage, dans l'ordre d'importance : 1. Tu n'inventes jamais un prix. Chaque ligne du devis vient d'une ligne de ma bibliothèque et porte son code. Si un ouvrage du métré n'a pas de prix correspondant, tu le places dans une section "PRIX À CRÉER" en fin de document, avec la quantité et l'unité, et tu me laisses le chiffrer. 2. Tu ne modifies aucune quantité. Elles viennent du métré et renvoient à l'onglet d'origine. 3. Tu appliques les coefficients de l'onglet paramètres : chutes, frais de chantier, frais généraux, marge. Chaque coefficient apparaît sur sa propre ligne, en clair. Jamais noyé dans un prix unitaire. 4. Tu ne fixes pas le taux de TVA. Tu me le demandes, parce qu'il dépend de la nature des travaux et de l'ancienneté du bâtiment, et que c'est moi qui en réponds. Structure de sortie, en Excel : - un onglet par lot, dans l'ordre de mes lots ; - dans chaque lot : code, désignation, unité, quantité, prix unitaire, total, et un renvoi vers l'onglet du métré ; - un sous-total par lot ; - un onglet "RÉCAPITULATIF" : total par lot, total déboursé sec, frais de chantier, frais généraux, marge, total HT, TVA, total TTC ; - un onglet "PRIX À CRÉER" ; - un onglet "OPTIONS" si le métré contient des variantes, chiffrées séparément et jamais incluses dans le total principal. Mise en forme : [décris ici l'ordre de tes lots, tes intitulés, ta façon de présenter les options et les tranches]. Tu ne rédiges aucune condition commerciale ni mention légale : je les ai déjà dans ma trame. Pour finir : la liste des ouvrages du métré que tu n'as pas su rattacher à un prix, et la liste des prix de ma bibliothèque qui te semblent incohérents avec le reste (ordre de grandeur, unité qui ne correspond pas).
La dernière consigne est celle qui rapporte le plus. En passant ta bibliothèque au crible à chaque affaire, tu découvres les prix oubliés depuis trois ans, les unités mélangées entre le mètre linéaire et le mètre carré, et les lignes en double. Beaucoup de gens font l'aller simple du métré vers le devis. Le retour, du devis vers la bibliothèque, vaut largement autant.
3Le dépouillement du DCE
Le problème. Un dossier de consultation, c'est deux cents pages réparties entre le règlement de consultation, l'acte d'engagement, le CCAP, le CCTP, les plans et la DPGF. Tu réponds à la question qui compte, le prix, et tu lis en diagonale le reste. Les clauses qui coûtent cher sont précisément dans le reste.
Ce prompt est le plus rentable de la page, parce que c'est le seul où l'IA travaille sur du texte pur : elle ne mesure rien, elle ne calcule rien, elle lit et elle cite. C'est ce qu'elle fait le mieux, et avec le moins de risque.
Tu dépouilles un dossier de consultation des entreprises. Je te dépose toutes les pièces : règlement de consultation, acte d'engagement, CCAP, CCTP, plans, DPGF ou bordereau de prix, planning s'il y en a un. Tu me rends une note de synthèse en 7 parties. Pour chaque information, tu indiques la pièce et l'article d'où elle vient (par exemple : CCAP art. 4.3). Si une information est absente du dossier, tu écris "non trouvé dans le DCE". Tu ne combles aucun vide, tu ne supposes rien. 1. IDENTITÉ DE LA CONSULTATION Maître d'ouvrage, maître d'œuvre, objet, allotissement complet et numéro de mon lot, forme du marché, tranches fermes et optionnelles, variantes autorisées ou interdites, options ou prestations supplémentaires éventuelles demandées. 2. CALENDRIER Date et heure limites de remise des offres, mode de remise, date limite pour poser des questions, visite de site obligatoire ou facultative et ses modalités, délai de validité des offres, période de préparation, délai global d'exécution, date prévisionnelle de démarrage, jalons intermédiaires imposés. 3. PIÈCES À FOURNIR La liste exacte, dans l'ordre du règlement de consultation, avec pour chacune le format demandé, le nombre d'exemplaires, et si elle doit être signée. Présente-la sous forme de cases à cocher, je m'en sers comme check-list de dépôt. 4. NOTATION Les critères de jugement et leur pondération, la formule de notation du prix si elle est donnée, le détail de chaque sous-critère du mémoire technique avec ce qui est attendu dedans, et le nombre de pages maximum s'il est imposé. 5. LES CLAUSES QUI COÛTENT Pénalités et leur mode de calcul, plafonnement éventuel, retenue de garantie et possibilité de la remplacer par une caution, délais de paiement, avance, révision ou actualisation des prix et index utilisé, compte prorata et sa clé de répartition, assurances exigées, obligations d'encadrement et d'effectif, clauses d'insertion sociale, obligations environnementales et gestion des déchets, sujétions de site (horaires, site occupé, accès, limitation de bruit, phasage imposé). 6. LES PIÈGES Tout ce qui m'engage au-delà du prix. Cherche en particulier : - les prestations décrites dans le CCTP mais absentes de la DPGF ; - les renvois à des normes, DTU ou documents qui ne sont pas fournis dans le dossier ; - les interfaces avec les autres lots mal définies (qui fournit, qui pose, qui raccorde) ; - les marques imposées sans mention d'équivalent ; - les formules balai du type "l'entreprise prévoira tout ce qui est nécessaire au parfait achèvement de son ouvrage" ; - les contradictions entre deux pièces du dossier, en citant les deux. 7. DÉCISION Ce qui manque pour chiffrer, la liste des questions à poser au maître d'ouvrage avant la date limite, et ton avis en trois lignes sur l'intérêt de répondre compte tenu de ce que tu as lu.
Ce que tu fais de la partie 6. Tu la transformes en questions écrites. Sur un marché public, les réponses du maître d'ouvrage sont diffusées à tous les candidats et s'intègrent au dossier : poser la question, c'est faire préciser le périmètre pour tout le monde, et se couvrir si la précision ne vient jamais. C'est aussi, très concrètement, le moment où tu décides de chiffrer une prestation ou de l'exclure en le disant.
4Le mémoire technique
Le problème. Le mémoire pèse souvent autant que le prix dans la note, et il se rédige le dernier soir en recopiant celui de la consultation précédente. Le correcteur le voit : les sous-critères ne sont pas dans l'ordre, la moitié des paragraphes parlent d'un autre chantier.
Le bon usage ici n'est pas d'écrire à ta place, c'est de caler le plan sur la grille de notation et de te rendre une première version que tu corriges. Tu passes de trois heures de rédaction à quarante minutes de relecture, et le plan colle enfin à ce qu'on te demande.
Tu rédiges la première version de mon mémoire technique pour cette consultation. Tu as : le règlement de consultation (pour les sous-critères et leur pondération), le CCTP, mes trois derniers mémoires, et ma fiche entreprise (effectif, matériel, références, certifications, organigramme). Comment tu procèdes : 1. Tu construis d'abord le plan, calé sur les sous-critères du règlement de consultation, dans leur ordre, avec leur pondération indiquée en face de chaque partie et le nombre de pages que tu comptes y consacrer. Tu me montres ce plan et tu attends ma validation avant de rédiger une seule ligne. 2. Tu rédiges ensuite partie par partie, en reprenant mes formulations existantes quand elles conviennent, et en les adaptant à CE chantier : son adresse, ses contraintes, ses interfaces, son calendrier. 3. Partout où il manque une information réelle, tu écris [À COMPLÉTER : ce qui manque]. Tu n'inventes aucune référence de chantier, aucun nom, aucun effectif, aucune certification, aucun matériel, aucun délai que je ne t'ai pas donné. Ce que je veux dans chaque partie : - Moyens humains : l'équipe nommée avec sa fonction et son taux de présence sur le chantier, l'encadrement et sa fréquence de passage, la solution de remplacement en cas d'absence. - Moyens matériels : ce qui est réellement affecté à ce chantier, pas le catalogue de l'entreprise. - Méthodologie : le déroulé réel, phase par phase, avec les points d'interface avec les autres lots et ce qu'on fait quand le lot précédent a du retard. - Planning : les grandes phases et les jalons, cohérents avec le délai du CCAP et avec la période de préparation. - Qualité : ce qu'on contrôle, à quel moment, qui signe, et ce qu'on fait d'une non-conformité. - Sécurité : les risques propres à ce chantier et les mesures associées, pas un discours général. - Environnement : gestion et tri des déchets avec les filières, nuisances sonores, propreté, et ce qu'on fait vraiment. - Chantier en site occupé, si c'est le cas : accès, horaires, protections, information des usagers, remise en état quotidienne. Ton : phrases courtes, on dit ce qu'on fait et comment. Aucune formule creuse du type "acteur incontournable", "savoir-faire reconnu", "au cœur de nos préoccupations". Chaque affirmation doit être vérifiable sur le chantier. Format : [ta trame, tes titres, ta charte, ton nombre de pages cible]. Pour finir : la liste des [À COMPLÉTER] regroupés, pour que je les remplisse d'un coup.
Le détail qui fait la différence. L'interdiction d'inventer des références. C'est le point où une IA laissée libre te fabrique un chantier plausible que tu n'as jamais fait, avec un montant et une date. Sur un marché public, c'est une fausse déclaration. La consigne doit être écrite noir sur blanc dans le prompt, et elle doit l'être aussi dans la skill plus bas.
5Le CCTP
Le problème. Écrire un descriptif complet lot par lot demande des journées, et personne ne repart vraiment de zéro : on recopie le CCTP de l'affaire d'avant, avec ses erreurs et les articles devenus faux. Au bout de quelques affaires, plus personne ne sait quelle version fait foi.
Tu rédiges un CCTP à partir de ma description d'ouvrage et de mes descriptifs de marchés passés. Tu as : ma note de programme, les plans, et mes CCTP des trois dernières affaires comparables. Méthode : 1. Tu proposes d'abord le découpage en lots et, pour chaque lot, la liste des articles. Je valide ce sommaire avant toute rédaction. 2. Tu rédiges ensuite article par article, toujours dans la même structure : objet de l'article, consistance des travaux, matériaux et caractéristiques exigées, mise en œuvre, limites de prestation, tolérances et contrôles, documents à fournir par l'entreprise. 3. Tu reprends mes formulations habituelles quand elles existent, et tu les adaptes à cette affaire au lieu de les recopier telles quelles. Règles de rédaction : - Tu ne cites une norme, un DTU, un avis technique ou un texte réglementaire que s'il figure dans les documents que je t'ai donnés. Tu n'inventes jamais une référence ni un numéro. Si tu penses qu'une référence manque, tu l'écris en commentaire au lieu de la citer dans le texte. - Une marque n'apparaît jamais seule : soit tu ajoutes "ou équivalent", soit tu décris la performance attendue plutôt que le produit. - Les limites de prestation entre lots sont écrites explicitement : qui fournit, qui pose, qui raccorde, qui réceptionne, qui réserve. - Tout ce que la note de programme ne tranche pas devient [ARBITRAGE : la question à trancher]. Tu ne choisis pas à ma place. Pour finir, deux listes : - les arbitrages en attente ; - les articles où mes descriptifs passés se contredisaient entre eux, en citant les deux versions.
La deuxième liste, celle des contradictions entre tes anciens descriptifs, est le sous-produit le plus utile de ce prompt. Elle te donne, sans que tu l'aies demandé, le chantier de nettoyage de ta bibliothèque de CCTP type.
6Le compte rendu de chantier
Le problème. La visite se termine, tu remontes dans la camionnette, tu enchaînes. Le compte rendu part le lendemain soir, ou pas du tout. Trois semaines plus tard, la réserve n'a jamais été notifiée et personne ne sait qui devait la lever.
C'est l'usage le plus rapide à mettre en place de toute cette page, et celui dont l'équipe voit l'effet le jour même. Commence par celui-là.
Voici le compte rendu dicté de ma visite de chantier. C'est du langage parlé, en vrac, avec des hésitations et des retours en arrière. [colle ici ta dictée ou ta transcription] Tu en fais un compte rendu de chantier propre, structuré ainsi : 1. EN-TÊTE Chantier, date, heure, rédacteur, personnes présentes et absentes si je les nomme, conditions météo si j'en parle. 2. AVANCEMENT PAR LOT Une ligne par lot dont j'ai parlé : ce qui a avancé, ce qui est en retard, et par rapport à quoi. Tu ne mentionnes pas les lots dont je n'ai rien dit. 3. OBSERVATIONS ET RÉSERVES, en tableau, une ligne par point : numéro | localisation précise | observation | lot concerné | responsable | date d'exécution demandée | statut La numérotation continue celle du compte rendu précédent, dont le dernier numéro est [numéro]. 4. DÉCISIONS PRISES Qui a décidé quoi, et ce que ça change pour la suite. 5. POINTS EN ATTENTE Ce qui bloque, qui doit répondre, pour quand. 6. À FAIRE D'ICI LA PROCHAINE VISITE, classé par destinataire. Règles : - Tu n'ajoutes rien. Si je n'ai pas donné de date, tu écris "à définir". Si je n'ai pas nommé de responsable, tu écris "à attribuer". Si le lot n'est pas clair, tu écris "à préciser" au lieu de deviner. - Tu écris en style de constat, pas d'appréciation : "cloison non alignée sur environ 3 m au droit de la porte du bureau 12" et non "travail bâclé". - Tu reformules le langage parlé en phrases de compte rendu, sans changer le sens ni le niveau de certitude. Si j'ai dit "je crois que", ça reste "à confirmer". - À la fin, tu me signales les passages que tu n'as pas compris ou qui étaient ambigus, pour que je tranche.
La règle du niveau de certitude. Un compte rendu de chantier est un document qui circule et qui peut se retrouver dans un dossier de litige. Une hypothèse orale transformée en affirmation écrite, c'est un problème. La consigne « si j'ai dit je crois que, ça reste à confirmer » a l'air anodine : c'est celle qui rend le document utilisable.
Les sept points de contrôle avant d'envoyer
Le gain de temps est réel, mais il se transforme en perte sèche si tu relis mal. Voici l'ordre dans lequel relire, du plus grave au plus bénin. Ça prend un quart d'heure sur un métré, cinq minutes sur un compte rendu.
- L'onglet À COTER, avant tout le reste. C'est la liste de ce que l'outil n'a pas pu lire. Tant qu'elle n'est pas vide ou assumée, le métré n'est pas fini.
- Le recoupement des surfaces. Somme des surfaces au sol contre surface annoncée au cartouche. Un écart de quelques pour cent est normal, un écart de dix pour cent cache une pièce oubliée.
- Les hauteurs. Vérifie que la hauteur sous plafond utilisée est la vraie, pièce par pièce. Le faux plafond du couloir, la retombée de la poutre et la salle de bains décaissée sont les trois oublis classiques.
- Les ouvertures, déduites une fois et une seule. Prends une pièce au hasard et refais le calcul des murs à la main. Si les portes sont déduites deux fois, ça se voit immédiatement.
- Les ordres de grandeur. Le linéaire de plinthes d'une pièce rectangulaire est de l'ordre du périmètre, pas du double. Un ratio aberrant saute aux yeux sur le récapitulatif si tu prends trente secondes pour le regarder.
- Les prix et les codes. Aucun prix ne doit exister sans code correspondant dans ta bibliothèque. Vérifie que la section PRIX À CRÉER n'est pas vide par erreur : sur une affaire un peu technique, elle ne l'est jamais.
- Les citations et les références. Sur une note de DCE, prends cinq informations au hasard et va vérifier l'article cité. Sur un CCTP, vérifie chaque norme, une par une, sans exception.
Étage 2 : figer ta méthode dans une skill
Tout ce qui précède, c'est le premier étage : tu écris, tu obtiens, tu relis. Le problème du premier étage, c'est qu'il ne se transmet pas. Tes ratios sont dans ta tête, tes prix dans un classeur, ta façon de présenter un devis dans tes habitudes. Le nouveau conducteur de travaux ne les a pas.
Une skill, c'est un mode d'emploi permanent que tu donnes une fois. Un fichier texte, pas un logiciel. Dedans : qui tu es, tes règles, tes ratios, tes lots, tes formats. Une fois installée, elle s'applique toute seule dès qu'il est question de métré ou de chiffrage, sans que personne n'ait à recoller un prompt de trois pages. Ton stagiaire sort le même dossier que ton meilleur métreur, parce que la méthode ne dépend plus de qui tape.
Voici le fichier. Copie-le, remplace tout ce qui est entre crochets par tes vraies valeurs, et ne garde que les lignes qui te concernent.
--- name: metre-chiffrage description: Métré, devis et pièces de marché pour [NOM DE L'ENTREPRISE]. À utiliser dès qu'il est question de lire un plan, produire un métré, chiffrer un devis, dépouiller un DCE, rédiger un mémoire technique, un CCTP ou un compte rendu de chantier. --- # Métré et chiffrage maison ## Qui nous sommes [NOM DE L'ENTREPRISE], [activité : second œuvre tous corps d'état, lot peinture, entreprise générale...]. Zone d'intervention : [...]. Taille de chantier habituelle : [...]. Clients types : [marchés publics, promotion privée, particuliers, bailleurs sociaux]. ## Règles qui ne se discutent jamais 1. Aucune dimension estimée. On ne lit que les cotes écrites sur le plan. Une cote absente part dans "À COTER", elle ne s'invente pas. 2. Aucun prix inventé. Tout prix vient de la bibliothèque et porte son code. Sinon il va dans "PRIX À CRÉER". 3. On ne cite aucune norme, aucun DTU, aucun avis technique et aucune référence de chantier qui ne soit pas dans les documents fournis. 4. Aucune quantité modifiée entre le métré et le devis. 5. Tout ce qui manque s'écrit [À COMPLÉTER] ou [ARBITRAGE]. On ne comble jamais un vide. 6. On prépare, on ne signe pas. Rien ne part au client sans relecture humaine. 7. Le taux de TVA ne se suppose pas, il se demande. ## Nos paramètres par défaut Hauteur sous plafond par défaut : [2,50 m] Hauteur de plinthe : [...] Largeur déduite du linéaire de plinthes par passage de porte : [...] Coefficients de chute : carrelage [...] %, parquet [...] %, peinture [...] %, plaque de plâtre [...] %, isolant [...] % Peinture : [nombre] couches, plus impression sur support neuf Frais de chantier : [...] % Frais généraux : [...] % Marge : [...] % Ces valeurs vivent dans l'onglet PARAMÈTRES du classeur. On ne les écrit jamais en dur dans une formule. ## Nos lots, dans cet ordre [00 Installation de chantier] [01 Démolition et dépose] [02 Gros œuvre et maçonnerie] [03 Cloisons, doublages, plafonds] [04 Menuiseries intérieures] [05 Électricité] [06 Plomberie et sanitaires] [07 Revêtements de sol] [08 Peinture et revêtements muraux] [09 Nettoyage et livraison] ## Notre bibliothèque de prix Fichier : bibliotheque-prix.csv Colonnes : code, désignation, unité, déboursé fourniture, déboursé main d'œuvre, temps unitaire. Le code apparaît toujours dans le devis, en première colonne. ## Nos formats de sortie MÉTRÉ : un onglet PARAMÈTRES, un onglet par pièce (cotes, surface au sol, périmètre, linéaire de plinthes, murs bruts, murs à traiter, plafond, ouvertures), un onglet RÉCAPITULATIF en formules de somme, un onglet À COTER. Formules vivantes partout, deux décimales, unités en en-tête. DEVIS : un onglet par lot dans l'ordre ci-dessus, un RÉCAPITULATIF (déboursé sec, frais, marge, HT, TVA, TTC), un onglet PRIX À CRÉER, un onglet OPTIONS séparé du total principal. MÉMOIRE TECHNIQUE : plan calé sur les sous-critères du règlement de consultation, dans leur ordre, trame du fichier trame-memoire.docx. CCTP : par article, objet, consistance, matériaux, mise en œuvre, limites de prestation, tolérances et contrôles, documents à fournir. COMPTE RENDU : tableau numéro, localisation, observation, lot, responsable, date, statut. Numérotation continue d'une visite à l'autre. ## Notre vocabulaire On écrit : [linéaire et non "longueur totale", ouvrage et non "truc", plus-value et non "supplément"]. On n'écrit jamais : [liste des formules bannies de tes documents commerciaux]. Les montants sont en euros HT sauf mention contraire explicite. ## Fichiers de référence bibliotheque-prix.csv trame-memoire.docx cctp-type-[lot].md fiche-entreprise.md (effectif, matériel, références, certifications, organigramme)
Où le poser
- Crée un dossier sur ton ordinateur, nommé
metre-chiffrage. - Enregistre le fichier ci-dessus à l'intérieur, sous le nom exact
SKILL.md. Un simple éditeur de texte suffit. - Ajoute dans le même dossier tes fichiers de référence : la bibliothèque de prix, ta trame de mémoire, ta fiche entreprise. Ils seront lus en même temps que la skill.
- Compresse le dossier en fichier zip.
- Dépose-le dans les réglages de ton compte, à la section des fonctionnalités et compétences. Il s'active ensuite pour toutes tes conversations.
description, tout en haut. C'est elle qui décide si la skill se déclenche ou reste endormie. Écris-la avec les mots que ton équipe emploie vraiment : métré, chiffrage, DPGF, dépouillement, CCTP, réserve, si ce sont vos mots. Une description vague donne une skill qui ne sert jamais.Étage 3 : l'agent
Le dernier étage change la nature de la chose. Jusqu'ici, tu ouvres une conversation et tu demandes. Avec un agent, tu déposes le DCE dans un répertoire partagé et tu n'ouvres rien du tout : la note de synthèse, le relevé de plan et la check-list des pièces à fournir t'attendent, et tu reçois une notification quand c'est prêt.
Concrètement, ça veut dire un dossier surveillé, des règles de nommage tenues, une sortie déposée au bon endroit, et une trace de ce qui a été fait. Rien de magique : ce qui tourne à l'intérieur, ce sont exactement les prompts de cette page, avec la skill par-dessus.
Par quoi commencer
Tu ne peux pas tout attaquer la même semaine. Voici l'ordre que je conseille, du plus rapide à mettre en place au plus exigeant.
| Usage | Ce que tu dois fournir | Mise en place | Commencer par |
|---|---|---|---|
| 6. Compte rendu de chantier | Une dictée après la visite | Immédiate | ★ Oui, aujourd'hui |
| 3. Dépouillement DCE | Le dossier de consultation | Immédiate | ★ Oui, sur la prochaine consultation |
| 1. Métré | Des plans cotés en PDF | Une demi-journée de test | Oui, après le test sur un chantier connu |
| 4. Mémoire technique | RC, CCTP, tes anciens mémoires | Une heure de préparation | Quand ta trame est propre |
| 2. Devis | Le métré et ta bibliothèque de prix | Une heure pour la bibliothèque | Juste après le métré |
| 5. CCTP | Note de programme et descriptifs passés | Plusieurs itérations | Plus tard, et relu ligne à ligne |
Pourquoi le compte rendu en premier. C'est celui qui demande le moins de préparation, dont le résultat se vérifie en trente secondes, et qui soulage tout de suite quelqu'un. Un usage qui rend service dès le premier jour fait accepter les cinq autres. Un métré raté en démo les enterre tous.
Ce que tu pilotes, ce qui se délègue
La question qui arrive toujours après, c'est « et concrètement, qui fait quoi ? ». Voilà la répartition.
- Toi, et personne d'autre : valider le relevé de plan avant tout calcul, fixer tes coefficients et ta marge, trancher le taux de TVA, décider ce qu'on chiffre et ce qu'on exclut, signer le devis, arbitrer les points laissés ouverts dans le CCTP. Ce sont des décisions d'entreprise, pas des tâches.
- Ton équipe, à qui ça change les soirées : dicter les visites de chantier, relire les métrés sur leur lot, signaler les prix faux de la bibliothèque, remonter ce qui sort de travers. Ce retour est ce qui fiabilise le système, et il ne peut venir que d'eux.
- Ce qui se délègue : la mise au propre de la bibliothèque de prix et des CCTP type, l'écriture de la skill à partir de vos habitudes réelles, la connexion entre les fichiers et vos outils, et la surveillance automatique du répertoire une fois que la méthode a fait ses preuves à la main.
Les prompts, c'était 2025
Un mot sur ce que tu viens de copier. En 2025, l'IA en entreprise, c'était ça : des prompts qu'on s'échange, qu'on colle, qu'on perd. Ça fonctionne, et c'est exactement pour ça qu'ils sont sur cette page. Mais c'est de l'artisanat. La qualité du dossier dépend de qui tape, chaque affaire repart d'un copier-coller, et rien ne se transmet à celui qui arrive.
Ce qui a changé, c'est qu'on peut maintenant s'en passer. La méthode se range une fois dans une skill. Les règles s'écrivent à l'étage de contexte qui leur correspond, et plus dans le corps du message. Les fichiers de référence vivent dans le projet de l'affaire. L'agent va chercher le travail au lieu d'attendre qu'on le lui donne. Le prompt redevient ce qu'il aurait toujours dû être : le brouillon d'une méthode, pas le produit fini.
Les guides ci-dessous sont cette méthodologie, pièce par pièce : où écrire tes règles, comment fabriquer la skill, quand passer à l'agent, et ce qu'il faut verrouiller avant. Ils sont tous gratuits et réunis au même endroit. Prends celui qui correspond à ton blocage du moment, pas les onze d'un coup.